Perth

Perth qui nous paraissait si grande de nuit lors de notre arrivée en bus est finalement une petite ville composée d’un petit centre-ville et de banlieues environnantes. En Australie, les quartiers entourant le centre-ville sont nommés « suburbs », c’est pourquoi je parle de banlieues…

Notre première auberge, One World Backpackers, se trouve au nord, dans le quartier de Northbridge. Le quartier est très sympa, plus convivial que le centre, comme dans chaque ville où nous sommes passées. On y trouve plein de petites boutiques, restaurants et cafés sympas.
L’auberge est petite, conviviale, et la plupart des packpackers y séjournant travaillent dans le coin et sont là depuis plusieurs mois.
A l’heure des repas, la cuisine grouille de jeunes affamés, les plans de travail deviennent dégoulinants de sauce en quelques minutes et il faut se battre pour se faire sa place.
Puis, tout le monde se retrouve autour d’une grande table à l’extérieur et c’est le début d’une soirée bien animée où l’anglais cotoie l’allemand et le français et où chacun parle plus fort que son voisin. Les québecois sortent leur guitare, les anglaises sortent leur scrabble, nous sortons notre tisane, certains sortent leur vodka, et tout le monde est content.

Nous consacrons nos deux premiers jours à l’organisation de notre périple sur la côte ouest. En deux jours (bien remplis), c’est plié.
Nous prenons un tour de 7 jours qui nous fera remonter le long de la côte jusqu’à Exmouth puis revenir à Perth. Nous louons une voiture pour les 11 jours suivants pendant lesquels nous visiterons la région du sud-ouest. Enfin, nous prenons notre billet d’avion pour rejoindre Alice Springs le 20 mars, ainsi qu’un tour de 5 jours pour visiter l’outback et redescendre vers Adélaïde. Voilà, vous savez tout !

Le quatrième soir, changement d’ambiance à l’auberge. C’est vendredi soir, tout le monde sort sa vodka. Il est 21h. Les filles, brushées, maquillées, en mini robes moulantes et talons hauts hurlent en titubant dans la cuisine (partout en fait) pendant que nous préparons notre riz aux légumes. C’est quoi – ce – bordel (et j’insiste sur la pause entre chaque mot) ?
Nous dînons à l’écart de cette scène de désolation et battons en retraite dans notre chambre où nous retrouvons nos roomates allemands avec un air consterné.

Petite précision sur notre chambre. La première nuit, nous découvrons que nous allons partager un lit double dans une chambre de 4 personnes où l’air a dû atteindre les 35 degrés. A trois heure du matin, malgré le ventilateur au plafond qui m’envoie quelques bouffées d’air tiède, j’abdique et me replie dans le salon – climatisé, où dorment déjà deux personnes sur les canapés. Je finis la nuit sur un petit canapé de deux places tout juste bon pour pour accueillir un nain. Réveil à 6h30 par le personnel de l’auberge et les premiers geeks venant prendre leur bouffée d’internet sur les ordinateurs mis à disposition (payants).

Deuxième nuit, c’est la merde, n’ayant pas fait de réservation pour cette nuit et après avoir appelé toutes auberges de la ville, nous tentons de négocier le dernier lit simple dispo dans une chambre de 6. Nous commencons à dormir tête-bêche, puis des jeunes gens alcoolisés entrent dans la chambre et trébuchent en pouffant de rire sur les amoncellements de vêtements et de sacs dispersés un peu partout. S’en suit un échange de stupidités que je n’ai pas pris la peine de traduire. Impossible de me rendormir, je passe une nouvelle nuit au salon.

Troisième nuit, cette fois, c’est le grand luxe, nous migrons vers la « suite nuptiale », une chambre double rien que pour nous avec notre propre salle de bain, et même une fenêtre. Royal (mais cher).

Quatrième et nuit, nous revenons dans notre première chambre et retrouvons nos amis allemands Tony et Martin avec qui nous sympathisons jusqu’à se chanter pour nous endormir des chansons comme « Frère Jacques » en africaans et japonais. Savez-vous que selon les pays, le frère change de nom ? Aux US, c’est frère John, en Allemagne, frère Jacob… Idem pour le « Ding Ding Dong » (les clochent ne sonnent pas toutes pareil selon les pays).

Nous étions donc connues dans cette auberge pour être des itinérantes. Les « check-in and check-out » french girls.
Même rituel pendant 4 jours : le soir, faire son lit et défaire sa valise. Le lendemain matin, défaire son lit et refaire sa valise. Rendre les clés, reprendre d’autres clés, attendre 12h pour check-in. A 12h, faire son lit, défaire sa valise. Etc, etc.

Nous déménageons pour les deux nuits suivantes dans une autre auberge, encore plus au nord, car le départ pour notre tour sur la cote ouest se fait à partir d’ici.
Nous passons la première soirée à boire du cidre avec nos amis allemands, et la seconde dans un restaurant coréen (on est définitivement addicted) avec nos nouvelles roomates, une fleuriste suisse-allemande et une suédoise.

Nous profitons également de ces quelques jours pour faire une excursion sur Rottnest Island. Il faut tout de même 45 minutes pour s’y rendre en bateau.

Petite appartée qui n’a absolument rien à voir avec tous le reste : je fais actuellement une étude approfondie sur les bonbons australiens 🙂 Il sont vraiment différents des bonbons français. D’une part, le rayon leur étant dédié dans les supermachés est absolument gigantesque, sans parler des chocolats, barres chocolatées et autres confiseries. D’autre part, ils ont un goût vraiment chimique assez semblable à des produits détergents, de la lessive ou je ne sais quoi. Bref, nous n’avons pas les mêmes valeurs 🙂
J’expérimente également en ce moment les confiseries chinoises. J’ai investi dans un paquet de bonbons au gingembre (en attente d’expertise), et un autre de caramels au lait et aux chataîgnes. Mouaif.

Rien ne vaut nos caramels au beurre salé ni nos bons vieux Haribo (c’est beau la vie) pour les grands et les petits.

Cairns

Nous arrivons à Cairns après une nouvelle nuit passée dans le bus. Nous accusons le coup après les deux courtes nuits passées sur le bateau.
La baignade étant très déconseillée à Cairns pour causes de crocodiles, de requins et de méduses mortelles, nous nous étalons sur les rives du lagoon construit juste en bord de mer pour récupérer un peu.

Le lendemain, nous partons visiter le Cairns Tropical Zoo. Nous sommes toutes excitées ! On va enfin voir des koalas, des crocodiles et autres animaux australiens.
Les koalas sont trop mignons. Accrochés à une branche d’eucalyptus, ils dorment profondément du sommeil du juste, ne se réveillant de temps à autres que pour changer de position avant de se rendormir aussitôt.

Troisième jour. Aujourd’hui est un grand jour. Nous allons survoler la barrière de corail en avion ! On est surexcitées. Le temps n’est pas aussi dégagé qu’on l’aurait voulu mais c’est déjà une chance qu’il ne pleuve pas. Nous nous rendons à l’aérodrome et rencontrons notre pilote, un hollandais dont je n’ai pas réussi à retenir le nom. L’avion est minuscule, on est plus à l’étroit que dans une petite voiture. Laure est assise à l’avant, à droite du pilote (apparement la règle du volant à gauche ne s’applique pas en avion), et Dorothée et moi sommes derrière. Le décolage est si rapide qu’on a à peine de le temps de s’en rendre compte, on est déjà en train de voler. Ça bringuebale, on ne s’entend pas parler tellement c’est bruyant (en même temps c’est normal, le hublot à côté de ma tête est ouvert pour permettre de prendre de belles photos), mais c’est vraiment trop cool. Nos regards se croisent une fois en l’air, on a toutes le même air ébahit. Les paysages vus du ciel sont extraordinaires. Nous survolons des îlots et petites bandes de sables entourées de coraux affleurant la surface de l’eau. Les contrastes des couleurs sont magnifiques, on parvient même à voir des raies sur les zones sableuses. L’avion descend plus près de la mer et se penche de chaque côté pour nous offrir des vues saisissantes sur les récifs.
Nous volons pendant 1 heure et redescendons sur terre, un peu barbouillées mais la tête pleine de belles images.

Quatrième jour. Ce matin nous allons visiter le Botanical Garden, situé dans l’un des plus vieux quartier de Cairns, et à 30 minutes à pied de notre auberge. Notez, normalement je devrais dire « backpackers » pour désigner les auberges car comme cela qu’on les nomme ici, mais j’ai du mal à me résoudre à utiliser ce mot également employé pour désigner les voyageurs comme nous. Bref.
Ce jardin est extraordinairement magnifique. C’est de loin mon préféré jusqu’à maintenant. Les plantes y sont toutes tropicales et les arbres immenses et entourés de lianes. Je pense avoir explosé mon score de photos prises en un même endroit.
Nous avons terminé notre balade le long des Centenary Lakes, des lacs enchanteurs couverts de lentilles d’eau et de nunéphars où se pressent, sur les rives, des multitudes de petits crabes à une pince (Cherchez l’erreur. Certains sont d’ailleurs droitiers et d’autre gauchers, c’est très drôle).

Après cette balade, nous revenons au lagoon où nous croisons pour la troisième fois Jérôme, un français que nous avons  vu sur le ferry revenant de Fraser Island, sur une plage des Whitsundays, et donc, sur les pelouses du lagoon. Trop de coïncidences. Nous décidons de faire ensemble un barbecue le soir même près du lagoon, en compagnie également d’Eric, un ami Montréalais de Laure de passage à Cairns.

En Australie, il y a des barbecues partout ! Tout le long de la côte Est nous en avons vu jusqu’au bord des plages, au milieu de nul part. Et, chose inpensable pour un français, ils sont en parfait état et d’une propreté incroyable, malgré le nombre de personnes qui les utilisent chaque jour. Qu’ils sont respectueux ces australiens, c’est bien.
Finalement, le barbecue sera transformé en dîner dans un restaurant vietnamien pour cause de déluge de pluie.

Et voilà, dernier réveil sur la côte Est. Laure et moi prenons ce matin notre avion pour Perth, avec une escale d’1h30 à Brisbane, et Dorothée s’envole vers Melbourne avant de repartir le lendemain vers Paris.
Nous perdons une accolyte de voyage, c’est donc avec un gros pincement au coeur que nous regardons Dorothée s’éloigner vers la porte d’embarquement.
La fin de notre périple sur la côte Est marque aussi la fin de la première moitié de notre voyage. Snirfl.

Pas de bol, notre vol pour Brisbane où nous devions prendre une correspondance pour Perth est retardé. Nous passons la journée à l’aéroport. Chouette. Entre-temps, Dorothée a dû arriver à Melbourne !
Après 9h d’attente, on nous annonce que le vol est annulé. Nous passons la nuit dans un hôtel club dans les environs de Cairns (aux frais de la compagnie aérienne bien sûr). Seul réconfort suite à cette journée pourrie, les chambres sont super spacieuses (avec plein de dosettes et d’échantillons !), et nous allons dormir dans des vrais lits (grands, et non superposés). Nous en profitons même, après le dîner, pour faire quelques brasses dans la super piscine avant d’aller nous mettre au lit.

Le lendemain, nouvelle journée pourrie. Notre vol initial qui comportait une escale et devait durer 5h30 s’est transformé en vol à deux escales d’une durée totale de 10h… Nous prenons donc nos 3 avions les uns après les autres avant d’arriver, épuisées, à Perth où nous avons trouvé de justesse deux lits libres dans une auberge pour passer la nuit.
Ouf.

Sydney, la suite

Nous découvrons durant les jours suivants la célèbre plage Bondi, spot favori des surfeurs de Sydney. So m’as-tu-vu… Ici, c’est démonstration de bronzage, de musculation et exposition de tatouages toute la journée. Nous nous baignons tant bien que mal car la mer est agitée et le temps vire à la pluie. Nous marchons ensuite le long de la côte où les plages se succèdent. La roche est incroyable ici, creusée ou polie par le sel et l’eau, elle offre des paysages magnifiques. Nous faisons également une très belle balade d’une dizaine de kilomètres le long de la côte depuis Manly, malgré un temps peu clément. Pour accéder à Manly, nous prenons le ferry depuis le Circular Quay de Sydney. Cette balade en bateau nous permet de prendre de belles photos de l’opéra depuis la mer. On peut dire que nous avons de la chance car cette semaine-là a également lieu le nouvel an chinois. Et vu le nombre de chinois habitant à Sydney, c’est un évènement d’une certaine ampleur. Nous retrouvons dimanche ma très bonne amie Magali qui vit à Sydney depuis environ deux ans et demi et va se marier en août avec un néo-zélandais (! premier mariage d’une copine, ça y est ça commence..). Nous prenons un verre sur la promenade du Darling Harbour, puis partons dîner dans Chinatown où aura lieu le défilé du nouvel an. Nous dénichons un restaurant coréen finalement plutôt japonais situé au premier étage et nous donnant une vue parfaite sur la rue principale du défilé. Très sympa. C’est super kitsch, super chinois, on adore. Quelques jours après, nous visitons avec Magali le vieux quartier de la ville, The Rocks, village originel des premiers colons arrivés d’Angleterre il y a deux siècles. Le soir même, nous montons sur le Harbour Bridge, pont reliant la city à une autre partie de la ville. La vue sur l’opéra y est assez magique avec toutes les petites lumières de la baie. On recommande. Puis, dans le désordre, nous sortirons un soir puis bruncherons avec des amis libanais de Laure (connaissances de Montréal), nous boirons un verre avec Hubert, un ami parisien de Dorothée, dans deux bars totalement insolites et totalement géniaux dont l’un des deux, invisible depuis la rue, est réservé à une clientèle d’initiés. Oh la vache, on est initiées nous aussi !! La classe… Nous visiterons le quartier chaud de Kings Cross dont les boutiques, bars et restaurants sont ouverts toute la nuit. Des gorilles racolent les passants sous les enseignes lumineuses en néons. C’est le mini Pigalle de Sydney. C’est show ! Nous visitons également les très beaux Royal Botanic Gardens, avec leurs magnifiques fleurs, plantes et arbres tropicaux où des centaines d’énormes chauves-souris sont suspendues, tête en bas, et poussent des cris affreux. Enfin, le dernier jour, nous partons explorer les Blue Mountains, magnifique parc national classé au patrimoine mondial de l’Unesco, et dont le nom provient de la vapeur bleutée émanant des gigantesques forêts d’eucalyptus. Les paysages sont grandioses, avec les Three Sisters, une formation de trois rochers côte-à-côte dressés vers le ciel. Le septième jour, le temps est décidemment à la pluie, et c’est presque avec soulagement que nous prenons notre bus de nuit pour rejoindre Byron Bay, plus haut sur la côte.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Airlie Beach et Whitsunday

Nous arrivons à Airlie Beach, point de départ pour les îles Whitsunday, après une nouvelle nuit passée dans le bus.

Il n’y a pas grand chose à faire à Airlie Beach, à part aller barboter dans le lagon, ce que nous ferons 2 jours durant. Difficile de se rafraîchir, l’eau doit être à plus de 30 degrés.

Le troisième jour, a y est, nous embarquons avec une vingtaine de personnes à bord d’un catamaran de 16 mètres pour naviguer autour des Whitsundays.
C’est vraiment trop génial. L’équipage est composé d’un irlandais – le cuistot, d’un australien – l’instructeur de plongée, et d’un neo-zélandais – le capitaine.
Le groupe, quant à lui, est très hétérogène en nationalités et en âges, mais pas de français à bord.

Nous passerons deux jours de rêve (et deux nuits) à naviguer autour d’îles magnifiques, s’arrêtant dans des baies pour faire du snorkeling, de la plongée, ou passer la nuit.

Ayant la possibilité de plonger avec bouteille, j’y vais deux fois, armée de mes palmes, masque et combinaison intégrale. Et oui, malheureusement, les méduses sévissent ici aussi en cette saison, et ce sont de vraies vilaines bêtes, donc mieux vaut bien se protéger.
Je n’ai jamais vu autant de couleurs. Les coraux et les poissons sont magnifiques…
J’ai vu des genre de mérous bleus énooormes, un poisson-clown dans son anémone, des poissons de roche impressionnants et à l’air sévère, des poissons perroquets magnifiques à l’air ahuri, une énorme tortue nageant tranquillement en-dessous de nous, des tas d’autres poissons dont je ne connais pas le nom, des méduses, mais pas de requins. Petite déception tout de même. Dorothée et Laure en ont vu un en nageant avec palmes, masque et tuba (et combi).

C’est vraiment amusant comme les poissons sont curieux. Lorsque l’on se retrouve au milieu d’un banc de poissons, certains viennent coller leur tête à votre masque, c’est assez rigolo. On peut nager comme cela pendant plusieurs minutes en compagnie du banc, jusqu’à ce que celui-ci décide brutalement de changer de direction.
J’avais vraiment l’impression d’être dans le monde de Nemo.

Le cuistot nous mitonne des petits plats à tomber par terre, on a même droit à un barbecue de poulet mariné sur le bateau. Miam.
Chaque soir, nous assistons au ballet d’une famille de dauphins dans les lumières bleues éclairant l’eau à l’arrière du bateau. La lumière attirant des bancs de poissons, les dauphins s’en donnent à coeur joie dans une immense orgie, poursuivant leurs proies et assurant le spectacle en nageant tantôt sur le ventre, tantôt sur le dos, et poussant des petits cris de victoire.
Au-dessus de nos têtes, la voie lactée scintille, le mat se balance doucement sous un ciel plein d’étoiles.

Nous dormons dans une cabine de 8 personnes, Dorothée et Laure partageant le même lit. Le bateau dispose de deux minuscules cabines de douche/toilettes pour vingt personnes. Chaque matin, nous sommes réveillées vers 6h30 par le bruit du moteur et les mouvements du bateau qui repart.
C’est sûr que côté confort, on peut mieux faire, mais ces deux jours sont tellement dingues qu’on en oublie ces détails.

Nous faisons une escale sur la Whitsunday Island, et faisons une balade au cours de laquelle nous croisons de charmantes énormes araignées au centre de toiles immenses.
Nous nous baignons ensuite dans un lagon naturel peu profond où nagent des raies et des petits requins verts-jaunes plutôt craintifs.

Ce tour restera l’un de mes meilleurs souvenirs de la côte Est.

De retour sur la terre ferme, nous mettrons trois jours à nous remettre de ces deux jours passés en mer. Je crois qu’on a le mal de terre, en tous cas on a mal au coeur, et ce n’est pas la nuit en bus qui nous attend pour rejoindre Cairns qui nous aidera à nous en remettre.

Fraser Island

Aujourd’hui, nous partons faire un tour organisé de deux jours sur Fraser Island, la plus grande île de sable au monde (120 km sur 15 km).

Nous prenons un ferry pour rejoindre l’île et découvrons la machine de guerre qui nous transportera sur place : un genre de bus 4×4 monté sur d’énormes roues avec des suspensions prodiguant des sensations dignes d’un parc d’attractions.
Le bus fonce sur les chemins de sable, rasant les troncs d’arbres (la végétation couvre la quasi-totalité de l’île).
Nous roulons d’abord dans la forêt, puis atteignons la plage, immense (elle fait de tour de l’île), et plus ou moins large selon les marées.

Après avoir fait trempette dans les Champagne Pools, une sorte de piscine naturelle d’eau de mer entourée de rocher, et dont les vagues qui se jettent dedans créent des miliers de petites bulles, le bus nous dépose dans l’unique hôtel de l’île où nous passerons la nuit.

C’est en allant boire un cidre (cela se vend comme des bouteilles de bière ici) sur la plage au coucher du soleil que nous rencontrerons trois australiens trentenaires revenant de la pêche aux palourdes.
Nouvelle soirée mémorable.
Nous nous retrouvons toutes les trois, pieds nus sur la plage, à chanter des chansons d’Edith Piaf devant nos trois compères confortablement installés sur leurs sièges de pêches.
Après de chaleureux applaudissements de la part de notre public, nous inversons les rôles et les regardons interpréter des chansons de Johnny Cash, accompagnées de pas de danses approximatifs. Un spectacle réjouissant.
Le soleil se couche derrière la plage, un dingo (chien sauvage) trottine le long de la mer, et nous rions aux éclats.
Je vous jure, c’est toute la vérité rien que la vérité.

Après avoir refusé leur invitation à se joindre à leur barbecue (nous devons dîner avec le groupe à l’hôtel), ils nous rejoignent pour quelques parties (pitoyables) de billard.
Nous DEVONS absolument récupérer les films de notre prestation sur la plage pris depuis leurs appareils photos, cela promet d’être comique.

Le lendemain, nous nous enfoncons en bus vers l’intérieur de l’île et découvrons deux magnifiques lacs (McKenzie et Jennings) où nous nous baignons (la baignade en mer est impossible à cause des forts courants et des requins).
Le premier lac est splendide. Entouré de forêts et de petites plages de sable blanc, son eau est limpide et scintillante.
Le second est surprenant, à la limite du réel. Après avoir bien marché sous un soleil de plomb sur des chemins sableux, nous débouchons sur d’immenses dunes. En contrebas, complètement caché, se trouve un lac aux eaux d’un vert profond et habité par d’énormes poissons-chats. I-RÉ-EL.
Nous nous baignons avec la sensation d’être dans un conte fantastique. Lorsqu’on reste immobiles dans l’eau, des dizaines de petits poissons viennent nous chatouiller les pieds et les jambes. Je me laisse aller à une fishpédicure gratuite dans cet endroit paradisiaque. 🙂

Noosa

Nous arrivons en fin d’après-midi à Noosa, station balnéaire (oui, encore, en fait il n’y a que ça sur la côte est) sur la Sunshine Coast.

La navette de l’auberge nous récupère à la bus station (à l’heure pour une fois), et nous arrivons au YHA de Noosa.

Ô luxe.
Nous arrivâmes au pied de ce bel édifice, fièrement perché au sommet d’une butte. Le panneau de l’auberge dressé fièrement devant nous nous promettait deux jours de bonheur. Quelle joie fut la notre lorsque nous découvrîmes dans notre chambre de 5 (pas 8, pas 6, 5 !), une literie respirant la propreté. Nous en étions presque heureuses de faire nos lits.
Petite appartée : il faut quand même savoir que la petite contrepartie à ce merveilleux voyage réside dans la multiplication des tâches ménagères. C’est-à-dire que lorsqu’en temps normal nous ne ferions et déferions nos lits qu’une fois par semaine, ici la cérémonie recommence tous les deux jours. Idem pour les valises que l’on défait et refait à l’infini (sans parler des petites culottes qu’on lave).
Bref, heureuses, donc. Et quelle ne fut pas notre surprise lorsque qu’un jeune homme blond s’approcha de nous pour nous poser cette divine question : White or red whine ? S’en suivit une distribution d’un bon pour une heure gratuite d’internet, le rêve dépassait toutes nos attentes.

La plage de Noosa est très belle, tout comme celle de Byron Bay, mais la mer y est beaucoup plus calme. C’est pourquoi cette destination est assez prisée des familles.
Il y a tout de même un phénomène très étrange dans la mer de Noosa. Lorsqu’on est dans l’eau, on ressent des petits picotements assez désagréables sur tout le corps, et cette sensation se prolonge une fois sorties de l’eau.
D’après les explications d’un groupe de jeunes australiennes en train de batifoler dans les vagues, il s’agirait de petites bêtes invisibles à l’oeil nu mais pas bien méchantes. A éclaircir.

Nous avons fait à Noosa un certain nombre de rencontres toutes aussi incongrues que sympathiques.
Le premier jour, après avoir fait un détour de 10 km pour accéder au supermarché qui se trouvait en fait juste à côté de notre auberge, accablées par la chaleur et l’humidité, nous voilà en train de faire du stop sous le regard consterné des automobilistes (ça n’a pas l’air d’être une chose courante ici).
Nous abordons finalement un charmant couple de retraités et leur yorkshire Lottie arrêtés en bord de route.
C’est avec une infinie gentillesse qu’ils nous mèneront non seulement jusqu’au supermarché, mais également jusqu’à un point de vue sur une colline dominant la ville.
Charming !

Nous dînons le soir-même au restaurant de l’auberge et faisons connaissance avec notre voisin de table, Ultan, un chanteur irlandais de 33 ans faisant un road-trip en moto sur la côte Est, et à l’humour bien aiguisé (il nous laissera mimer pendant 5 bonnes minutes l’histoire des cafards à Sydney avant de nous avouer qu’il avait très bien compris de quoi nous lui parlions). PS : mimer un cafard, c’est pas facile.

Nous avons de la chance car ce soir-là est également présent un groupe de musiciens et chanteurs irlandais et écossais. C’est donc au rythme des entraînantes musiques celtiques que nous dégustons nos salades thaï au boeuf (un délice, cette auberge est dingue).

Après ce bon repas, moult tapements de pieds et applaudissements, je réclame une formation à la cornemuse écossaise.
J’ai offert ce soir-là un spectacle affligeant à la clientèle de l’auberge : moi, essayant désespérément de produire un son mais ne parvenant qu’à sortir des vagues bruits de pets prolongés, manquant de suffoquer entre deux fous-rires, tandis que Tony l’écossais et prof de sport, m’aide à remplire les poches d’airs situées sous chaque bras en les pressant.
J’ai les films.

Nous finissons la soirée avec notre sympathique groupe de musiciens au Hungry Jacks, un bar un peu plus bas dans la rue qui propose, ce soir-là, à tous les volontaires de passer sur scène le temps de quelques chansons.
Nos amis irlandais enflammeront la scène tandis que nous jouerons les supportrices françaises en délire.
Une soirée magique et complètement improbable. Vivement la prochaine !

Nous quittons Noosa pour rejoindre Hervey Bay où nous passons la nuit avant de prendre le ferry pour Fraser Island.

Surfers Paradise

Arrivée à Surfers Paradise par le Greyhound bus. Attente interminable de la navette de l’auberge à la gare routière. Et une après-midi de perdue !

Malgré son nom vendant une bonne dose de rêve, Surfers Paradise n’a pas le charme de Byron Bay, ni les surfeurs d’ailleurs.
Ici, les buildings sont omni-présents, et la plage pleine de touristes pas très classes (pour ne pas dire bien beaufs).

Heureusement, notre auberge dispose d’une très agréable piscine dans laquelle nous nous prélassons après le petit-déjeuner.
Nous y rencontrons Guillaume, un français très sympa (de manière générale, les gens que l’on rencontre sont très sympas) qui nous conseille de faire un tour en avion pour survoler les îles de la grande barrière de corail. C’est noté, on essaiera de faire ça à Cairns.
Nous parlons Australie, australiens et backpackers autour d’une bonne salade de pâtes et d’une bouteille de vin blanc, pendant qu’un groupe de jeunes regarde Saw (un affreux film d’horreur pour ceux qui ne connaissent pas) dans la salle commune. Laure rira beaucoup ce soir-là (et les jours suivants) après l’évocation des sixième et septième volets de la saga, Saw 6 et Saw 7 (à lire à haute voix). Ah les bonheurs simples de la vie !