Le sud ouest !

Le lendemain de notre retour à Perth, nous prenons notre voiture de location et entamons notre périple dans le sud-ouest (après avoir négocié pour échanger la Hyundaï manuelle contre une automatique, plus simple pour la conduite à gauche).

Nous nous arrêtons pour déjeuner à Mandurah, une station balnéaire bondée de monde en ce long week-end australien (4 jours).
Confection des sandwichs sur une table de pique-nique, sieste sur la pelouse bordant la mer, petit café (parfois, quand il faut…), et c’est reparti.

Nous faisons escale à Busselton où nous assistons à un magnifique coucher de soleil depuis la jetée où de nombreux pêcheurs lancent avec agilité leurs lignes dans une mer d’huile aux couleurs pastels. On en reste coites.

Nous arrivons à Margaret River en fin de journée, 10 minutes après la fermeture de l’accueil de l’auberge où nous devions passer la nuit… Vraiment pas de bol. Nous voilà à tourner dans ce bled inconnu pour trouver un bon vieux motel alors qu’il fait déjà nuit noire.
Après quelques tentatives dans des endroits beaucoup trop luxueux pour notre porte-monnaie, nous nous arrêtons dans un caravan park. Découverte de la caravane n°19. Mais c’est trrrop mignon !!  Truc de ouf. On a un lit double, un lit superposé, un lit de camping, une kitchenette, une télé (!!), une table (et des chaises !), et une petite terrasse… Nous qui étions habituées aux dortoirs minuscules et bordéliques des auberges, c’est carrément le grand luxe ici !
Nous cuisinons notre poêlée de poivrons et riz blanc, et nous mettons au lit pour une bonne nuit réparatrice.

Le lendemain, nous nous baladons sur les rives de Margaret River et croisons sur notre chemin Ray, une australienne retraitée vivant à Brisbane et effectuant un road-trip avec son mari sur la côte ouest. Nous papotons gaiement et reprenons notre chemin (ahhh, ce que j’aime toutes ces rencontres !).

Nous passons une deuxième nuit à Margaret River dans notre auberge initiale et y rencontrons Alex et Gabriel, deux français à la recherche d’un boulot sans vraiment en chercher. Des glandeurs quoi.

Le lendemain, réveil 7h30. Nous partons faire une balade de deux heures au Cape Naturalist Lighthouse, un parc naturel offrant une magnifique vue sur l’océan indien.
Les senteurs y sont les mêmes que sur la côte méditérranéenne, et en fermant les yeux on se croirait dans notre bon vieux pays (soupir de nostalgie heureuse).
Nous y pique-niquons et repartons vers notre prochaine destination, Walepole.

Walepole est une minuscule bourgade, seulement quelques maisons et commerces au bord d’une route. L’auberge où nous passons la nuit est vide. Nous y sommes les seules occupantes. C’est la première fois que cela nous arrive, c’est bizarre et très agréable. On va tellement bien dormir…

Nous partons nous promener le lendemain matin dans le Walepole Nornalup National Park où se dressent des arbres multi-centenaires monumentaux, puis nous rejoignons Denmark au sud duquel se trouve William Bay, une baie magnifique avec des plages de folie, dont les Green Pools et Elephant Rocks, deux plages côte-à-côte

Quatrième et cinquième nuits. Nous passons les deux nuits suivantes dans une auberge à Albany.
Nous y faisons la connaissance de deux anglais, un allemand et un français travaillant dans une ferme cultivant des pommes terre, ainsi qu’un chinois et un finlandais travaillant dans une usine de viande de mouton. Berk. On est vraiment contentes de ne pas bosser…
Nous partageons la chambre avec une australienne ex-chef pâtissière voyageant en scuda (petite moto) avec tout son attirail de cuisine et ses livres de recettes 🙂 (et avec une autre fille rousse en mini-short à franges totalement irrespectueuse et inintéressante au possible).

Arrivée à Bremer Bay en fin de matinée. Nous découvrons notre merveilleuse cabine (n°1) dans le caravan park où nous passerons la nuit, et, à peine arrivée, je fais la connaissance de nos voisins des cabines 2 et 3. Ce sont trois australiens d’une cinquantaine d’années, originaires de Perth, venus passer un long week-end entre collègues et copains dans cette belle et sauvage région.
Nous sommes invitées le soir même à déguster en leur compagnie un barbecue de poissons locaux. Qu’ils sont accueillants ces australiens, moi j’adore. Et puis je découvre la vie de camping, et je trouve ca super sympa.
Nous passons l’après-midi à lézarder sur la plage de Little Fishing Harbour Bay.
Finalement, échec total, ils ne pêcheront aucun poisson au cours de l’après-midi, et nous nous ferons du riz aux légumes. Seul problème, pas de passoire dans la caravane. Coucou les voisins ! C’est moi, la française de la caravane n°1 ! Pas de passoire non plus mais un gros brainstorming sur comment égoutter du riz sans passoire. On rigolera bien sur le sujet pendant 15 minutes (mais siii, où est passée votre âme d’enfant ?).

Le lendemain matin, de retour des commodities (ben oui, en camping faut pas avoir d’envie pressante parce que les toilettes ne sont jamais tout près) nos gentils voisins me saluent depuis leur terrasse. Wouhou ! Oui oui, coucou ! Hehehe.
Ils nous proposent de nous joindre à eux pour aller se balader dans le Fitzgerald River National Park.
Super sympa ! Mis à part les 90 km de piste version tôle ondulée et un impact sur le pare-brise qu’on redoute de voir s’étendre sous le choc des vibrations, c’est une super matinée.
Nous nous arrêtons sur une magnifique plage à Point Ann pour nager et cuisiner un barbecue.
Nos trois compères se révèlent être des psychanalistes dont l’un d’eux, Craig (mon préféré, et gai jusqu’au bout de sa boucle d’oreille), écrit également une nouvelle fantastique sur des anges descendus sur terre, et dont l’histoire se passe en partie à Paris. Lovely. Son unique connaissance en français se limitera à cette phrase : « Est-ce que c’est le vin rouge ? ». Non Craig, ça, c’est un sandwich.

Sur le chemin du retour, nous les quittons pour prendre la route vers notre prochaine et dernière étape avant Esperance : Munglinup (tous les noms de bleds ici se terminent par « nup » qui veut dire « eau » en langue aborigène).
Le caravan park est totalement paumé, nous tournons un peu avant de le trouver (après 15 km de piste) mais l’endroit est superbe, à 5 minutes d’une très belle plage d’où nous admirons le coucher de soleil.
Le lendemain matin, c’est la claque. À 9h, il fait déjà 35 degrés dehors, et dans la caravane aussi. Nous retournons à la plage où nous nous promenions en pull la veille. Le contraste avec l’eau bien fraîche est saisissant. Je barbote avec mon masque et tuba et ramasse de jolis coquillages nacrés. Malgré les 43 degrés à l’ombre, je mets du temps à me réchauffer tellement l’eau est froide dans cette région.

Nous reprenons la route vers Esperance où nous passons la nuit en auberge.
Sale nuit. Cette saleté de voiture de location se met à sonner en pleine nuit et je n’ai pas d’autre choix que de la déplacer dans un parking isolé quelques centaines de mètres plus loin. Mmmh ! Sympathique petite balade en pyjama à 3h du matin. Le lendemain, je suis crevée et enervée contre Europcar.

Après avoir réglé le problème dans une concession Hyundai (vous saurez tout), nous partons visiter Cape Le Grand, un parc national situé à une vingtaine de kilomètres.
Nous y voyons des plages incroyables… Sauvages et magnifiques. Après deux mois, nous ne pouvons pas nous lasser de la beauté des plages australiennes. Elles sont toutes si différentes et si incroyables ! On est toujours aussi surprises.

Après 3h30 de route, nous arrivons à Lake King où nous passons la nuit dans une petite caravane pourrie et vieillotte pleine de cadavres d’insectes. Miam miam.

Le lendemain matin, nous quittons Lake King et roulons 1h30 jusqu’au Wave Rock, un rocher en forme de vague de 15 mètres de haut, devenu une véritable attraction touristique. C’est vrai que cette vague de granit sortie de nul part est assez spectaculaire.
Les mouches sont de retour, nous marchons en gesticulant et pique-niquons tant bien que mal avant de repartir pour 3h30 de route.

Dernière nuit sur la côte ouest. Ce soir, nous dormons dans une ferme à 10 km d’Arthur River, un minuscule bled dans une région agricole.
Nous sommes accueillies par des caniches surexcités qui s’empressent de nous mordiller les mollets à peine sorties de la voiture. Sit down ! Chhhtt !
Un couple d’agriculteurs vit ici. Ils cultivent des céréales, des canolas, et plein d’autres trucs, et ont un élevage de moutons (et une basse-cour avec des oies, des poules, des chats et des chiens partout). N’ayant plus de place dans l’annexe réservée aux backpackers, nous sommes installées dans une chambre de leur ferme.Nous nous joignons à eux pour le dîner que nous partageons dans leur cuisine avec la mère de notre hôte ainsi qu’une autre backpacker estonienne.
Peter, le mari, nous pose plein de questions et nous parle de sa région dont il n’est parti que deux fois pour des vacances. Une semaine à Exmouth, une semaine à Brisbane. C’est sacrément dur la vie d’un agriculteur…

En tous cas cette petite plongée dans la vie des australiens nous ravit totalement.

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La côte ouest

Nous voilà repartie pour un tour en bus avec un groupe sur la côte ouest.

Nous sommes 24, des suisses-allemands (beaucoup), deux suédoises, deux malaysiennes, des japonaises, des anglais, une hollandaise, une irlandaise, un chinois, mais toujours pas de français.
Notre guide, Jess, est très sympa et commence chacune de phrases par un « Ok, guys » (variante : « Alright guys »).

Les trajets entre chaque stop sont très longs, et pour le coup, il n’y a vraiment rien de rien sur le chemin. De part et d’autre de la route (toute droite la plupart du temps), des arbustes s’étendent à perte de vue. De temps en temps, une ferme apparaît, au milieu de nul part, et nous nous demandons qui peut bien vivre ici.

Fort heureusement, le bus est climatisé. A chaque arrêt, c’est la claque. Il fait dans les 37 degrés à l’ombre, et il n’y a pas d’ombre. Par contre il y a des mouches, des tas de mouches qui viennent se coller à nos visages, à notre nez, à nos oreilles, à notre bouche (je n’essaie pas de faire un cours d’anatomie, mais j’insiste sur ces parties parce que c’est vraiment extrêmement désagréable, surtout dans les oreilles).

Chaque repas fait l’objet d’une organisation assez extraordinaire. Chacun trouve son rôle : préparation des légumes, responsable du barbecue, rapeur de fromage (un métier à part entière), vaisselle, rangement… Notre groupe est super efficace et nous repartons toujours à l’heure.
Enfin, nous pouvons faire ce barbecue tant désiré ! Pour certains déjeuners, nous préparons des hamburgers sur une aire de picnic, le soir, nous grillons des steaks et des saucisses et préparons une grande salade.
L’avantage d’être en groupe est que nous préparons le dîner à tour de rôle, ce qui nous permet certains soirs de nous laisser aller à une douce contemplation en sirotant notre verre de vin rouge tiède (dans un mug en métal, vive la vie de camping !).

Au bout de trois jours, le voyage se termine pour la moitié de notre groupe. C’est dommage car nous commencions tout juste à nous connaître. Ils reprennent le bus pour Perth tandis que nous continuons notre voyage vers Exmouth.
Nous sommes donc désormais 12 à bord de notre mini-bus. Une suisse-allemande, un hollandais, deux anglais, une chinoise, deux suédoises, deux malaysiennes, Jess et nous 🙂

La côte ouest est vraiment magnifique, beaucoup plus sauvage que la côte est. C’est vraiment l’Australie telle qu’on se la représente : de grandes routes toutes droites pendant des kilomètres avec rien d’autre autour que de la végétation et quelques moutons de temps à autres.
Les distances entre chaque point d’intérêt sont immenses, mais les heures passées sur la route sont largement récompensées.
Chaque endroit que découvrons est une nouvelle surprise, impossible de se lasser, les paysages sont à chaque fois incroyables et complètement différents. La nature est si dingue ici, on se sent vraiment petits !

Notre première escale se fait dans le désert de Pinnacles, un lieu impressionnant où des centaines de rochers semblant sortir de nul part se dressent vers le ciel. Ces formations rocheuses se seraient formées
dans un désert de sable restent un mystère pour les scientifiques.

Nous découvrons ensuite la magnifique plage de Julien Bay où nous faisons du sand surfing sur une énorme dune surplombant la plage. Concept : tu montes en haut de la dune avec tes petites jambes, tu t’assois sur une planche de surf en bois à peu près de la taille d’un snowboard, et tu gliiiiiiiisses !!! Trop bien. J’y retourne deux fois et c’est tout parce qu’avec ce vent de fou j’ai du sable jusque dans la bouche.
L’Australie est un pays venteux, et c’est rien de le dire.

Nous reprenons la route et nous arrêtons pour voir le coucher de soleil à Pot Alley, un lieu incroyable et majestueux où d’immenses falaises déchiquetées plongent dans l’océan. La lumière est surnaturelle, les rochers passent du doré au rouge pendant que le soleil rougeoyant disparaît derrière l’horizon, et malgré les rafales de vent glaçé qui manquent de nous emporter, nous avons du mal à quitter cet endroit.

Nous passons la première nuit à Kalbarri, point de départ pour une belle balade le lendemain dans le Kalbarri National Park (1 000 km² de bush) où nous faisons de l’updiving sur une paroi rocheuse de 25 mètres (ben pour une première fois c’est déjà pas mal). Il s’agit donc de descendre en rappel une paroi abrupte. Franchement, je pensais que c’était plus facile. « Fais la grenouille ! » me crie le moniteur. Ben ouiiii, j’essaie ! Ma grenouille était certe un peu tendue (en témoignent mes courbatures du lendemain), mais je suis arrivée en bas un grand sourire aux lèvres. Même que j’ai recommencé.

Nous découvrons ensuite la Shark Bay World Heritage Area, où nous nous baignons sur une plage uniquement composée de milliers de petits coquillages blancs (d’où son nom : Shell Beach).

Nous passons la nuit à Monkey Mia, une zone protégée par le Département en charge de l’environnement et de la conservation.
Le lendemain, nous profitons de la plage sur laquelle notre auberge donne, et assistons au nourrissage des dauphins. Explications : depuis les années 60, des dauhins attirés par les bateaux de pêche ont pris l’habitude de venir en bord de plage pour être nourris. C’est donc devenu une attraction touristique à laquelle j’ai allègrement participé puisque j’ai donné un poisson à un mignon dauphin qui me souriait de toutes ses dents.
Nous partons ensuite voir une baie infestée de requins. On peut les observer depuis la colline en surplomb. Ils viennent vraiment contre la côte ! Très rassurant tout ça…

Le lendemain, super journée de folie. Nous sommes à Coral Bay, lieu de prédilection pour le snorkeling et la plongée. En effet, le long de la Coral Coast, il existe également une barrière de corail très riche en coraux et poissons de toutes sortes. Les stars de la région sont les requins baleines, énormes (jusqu’à 16 m de long et 40 tonnes) et magnifiques (bleus tachetés de blanc) mais la saison s’étendant de mars à juin, nous n’en verrons pas.
En revanche, nous nagerons jusqu’à en perdre haleine derrière des raies mantas majestueuses de 3,5 m d’envergure, nous barboterons au-dessus de cinq requins gris, nous nous baladerons en compagnie de charmantes tortues vertes (parfois en prenant soin d’éviter les méduses) et observerons le ballet incessant des poissons grignotant les coraux.

Enfin, le soir, nous atteignons Exmouth, dernière étape avant d’entamer notre redescente vers Perth. Nous y restons deux nuits et profitons des belles plages de Lakeside et Turquoise Bay depuis lesquelles la barrière de corail est accessible (sans bateau) pour faire du snorkeling. Encore des tortues, des coraux, un poulpe, des poissons-clowns… Chic !

Sixième jour. Lors de notre redescente, nous faisons une brève escale à l’endroit exact où passe le Tropique du Capricorne et nous arrêtons pour la nuit dans une charmante ferme entourée de champs dorés où paissent de mignons lamas.

Dernier jour ! Nous continuons notre route vers Perth et faisons escale dans un lieu surprenant : la Principauté de Hott River, un village ayant décidé de vivre en totale autharcie et d’auto-proclamer son indépendance. Nou avons donc rencontré le prince et la princesse, bien agés maintenant, et visité leur église, leur poste, leur government house, et leur boutique de souvenirs bien sûr.
Ils sont bizarres ces australiens. Non non, la Principauté de Monaco en France ça n’est pas du tout pareil… Bon, ok, on a la même chez nous.
Nous nous arrêtons également dans le Greenough Wildlife and Bird Park, une ferme où les propriétaires ont décidé de recueillir des animaux blessés et de les soigner.

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